Agen - Office de Tourisme - L'organisation des bastides

 

L'ORGANISATION

La création d'une bastide est une affaire complexe et minutieuse. Dans le cas où l'autorité fondatrice (seigneur laïc ou religieux) ne posséderait pas la terre, elle doit établir avec le propriétaire foncier un contrat de paréage. Celui-ci fixe, avant toute construction, la surface mise à disposition ainsi que le partage des recettes à venir. Lorsque les différents partis se sont mis d'accord, la construction peut commencer. Il est important de noter ici qu'une bastide n'a pas toujours été fondée sur des terres inoccupées mais parfois sur la base d'une petite agglomération préexistante. 
 

Les arpenteurs délimitent ensuite le territoire de la future bastide et déterminent les parcelles constructibles (l'ayral), une par famille, autour de la place publique et les parcelles cultivables (l'arpent) situées aux abords de l'agglomération.

 

Reste ensuite à attirer les paysans qui, par la mise en culture des terres, fourniront la valeur ajoutée. Les privilèges qui leur seront accordés constitueront une véritable révolution pour l'époque. Ils deviennent notamment des hommes libres et disposent d'un lopin de terre qu'ils gèrent comme bon leur semble. La charte de coutumes ou de franchises était un document important à une époque troublée car il garantissait par écrit la pérennité de ces droits mais aussi les devoirs et la justice. Y figuraient également en bonne place les lois qui régissaient les marchés, préoccupation majeure de l'autorité fondatrice. Leur évolution, en terme de fréquence et de volume des échanges, est d'ailleurs révélatrice de la prospérité de la bastide. Ainsi, ces lois précisaient que les échanges commerciaux devaient s'effectuer uniquement sur la place centrale qui va être pourvue progressivement d'une halle abritant les mesures-étalon (volume, poids et distance) et la maison de ville où se tient le représentant du pouvoir. C'est au départ le bayle puis les consuls ou les jurats, désignés par les habitants, qui vont veiller au respect du contrat de paréage, de la charte de coutumes et de la justice.

 

Le succès d'une bastide n'est jamais assuré et même si la fondation a été réalisée avec soin et prudence, il arrive que les seigneurs n'obtiennent pas les rentrées fiscales prévues. Dans ce cas, les terres sont restituées à leur propriétaire. En revanche, le succès, qui varie d'une bastide à l'autre, pérennise une agglomération qui existera toujours des siècles plus tard.

 
© Office de Tourisme d'Agen - Reproduction interdite

Plan du site  |  Rechercher  |  Mentions légales  |  otsi.agen@wanadoo.fr