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Agen - Office de Tourisme - Agenais et Guerre de Cent Ans

Par sa position géographique, zone frontalière sensible, l'Agenais de cette époque a perpétuellement été l'objet des convoitises des petits seigneurs locaux comme des grandes puissances, changeant onze fois de maître entre la fin du XIIème s. et 1370.
Les origines
Cette histoire agitée trouve son origine en 1152 lorsque la duchesse d'Aquitaine Aliénor, divorcée du roi de France Louis VII le Jeune, épouse Henri Plantagenêt qui deviendra roi d'Angleterre sous le nom de Henri II en 1154. De cette façon, un roi, Anglais, devenait le vassal d'un autre roi, Français, ce qui n'allait pas sans difficultés. Ainsi, pendant trois siècles, Agen va être lancée dans une perpétuelle oscillation entre son roi-duc anglais, le roi de France, le comte de Toulouse et même Simon de Monfort menant la croisade contre les Albigeois.
Les frictions entre Anglais et Français débutèrent dans la région dès 1161 à l'initiative de Louis VII qui cherchait à établir sa domination de ce côté-ci du royaume capétien.
En 1271, à la mort d'Alphonse de Poitiers, frère de St Louis et administrateur du Languedoc, le roi de France, Philippe III le Hardi, prend possession de l'Agenais. Un traité de paix, signé à Paris en 1259, stipulait la remise du territoire aux Plantagenêts dans le cas où Alphonse de Poitiers décédait sans héritier. Mais Philippe III tarde à respecter cet accord et ne restitue notre région à Edouard Ier qu'en 1279 à l'occasion d'une grande cérémonie qui se déroula dans
l'église
des Jacobins d'Agen où les seigneurs vinrent prêter serment.
Mais les tensions continuèrent malgré tout, la frontière est indécise, les escarmouches nombreuses. Philippe le Bel, considérant qu'Edouard Ier ne remplit pas ses devoirs de vassal, s'empare de la Guyenne en 1293 qui sera restituée aux Anglais lors du traité de Montreuil en 1299. A partir de cette époque, l'Agenais va se trouver sur une ligne de front où les châteaux vont se renforcer, les
bastides et les villes commencent la construction de leur enceinte.
C'est dans ce contexte troublé que va se dérouler en Agenais un événement particulièrement caractéristique du climat conflictuel d'alors : l'incident de St Sardos, village situé en Guyenne, donc en pays anglais. Or, le prieuré appartenait à de l'abbaye de Sarlat qui avait choisi de s'allier au royaume de France. Charles IV y fonda une bastide malgré les plus vives protestations et recours en justice d'Edouard II d'Angleterre et du seigneur voisin Raymond-Bernard de Montpezat. Ce dernier répliqua par les armes le 16 octobre 1323, alors que le procureur du Roi de France se trouvait à St Sardos pour officialiser l'alliance. A la tête de sa troupe, renforcée d'éléments anglais, le seigneur de Montpezat attaqua le château de St Sardos et ruina le village. Il fit passer la garnison au fil de l'épée et le représentant de Charles IV fut pendu. En réaction, le roi de France envahit la quasi-totalité de l'Aquitaine mais accepta de mauvaise grâce de restituer ce territoire en 1325.
La déclaration officielle de la guerre
Un nouvel événement vint envenimer davantage les relations franco-anglaises : en 1328, Charles IV le Bel meurt sans laisser de fils. Edouard III d'Angleterre, neveu du roi par sa mère, revendique alors le trône. Mais Philippe, comte de Valois, lui est préféré en application de la loi salique, le pouvoir se transmettant de père en fils. Ainsi, aux querelles locales viendra s'ajouter un conflit dynastique. Pourtant, Edouard III vient rendre hommage au roi de France à la cathédrale d'Amiens en 1329, ce qui n'empêche pas les Français d'envahir la Guyenne en 1337. Point de départ officiel de la guerre de Cent Ans, Edouard III rompt dès lors avec Philippe VI. Le conflit va se généraliser et, en l'absence de sentiment national, les seigneur locaux vont passer d'un parti à l'autre en fonction de leurs propres intérêts, profitant des troubles pour accroître leurs territoires. Ainsi Agen, fidèle à la couronne de France, devra se prémunir contre les du Fossat de
Madaillan et des Durfort de Bajamont.
La même année, en 1340, l'Agenais et ses barons vont être tour à tour courtisés par Edouard III puis le futur roi Jean le Bon, duc de Normandie et alors lieutenant du roi en Languedoc, qui reçoit leur hommage en l'église des Jacobins. Ce dernier décida de chasser les Cordeliers du couvent qu'ils occupaient au bord du Garvier et d'y établir à la place une place forte qui permettrait de contrôler la vallée de la Garonne.
Après une période de trêves, Henri de Lancaster, comte de Derby, terrorise l'Aquitaine et s'empare du
château de Monrevel au pied des remparts d'Agen. La contre-attaque, menée par le duc de Normandie, est stoppée à l'annonce de la cuisante défaite française de Crécy en 1346. Les Anglais continuent leur progression et prennent Calais en 1347.
En 1348, le conflit est interrompu : une terrible épidémie de peste noire, venue d'Asie, décime des régions déjà dévastées par la guerre et affaiblies par la disette. En trois ans, le quart ou le tiers de la population européenne a disparu.
Les hostilités reprennent en 1351, sous forme de raids menés par Edouard de Galles, fils d'Edouard III, surnommé le Prince Noir, à partir de l'Aquitaine. En 1352, Agen faillit être prise par les Anglais. En 1354, il reçoit en l'église des Jacobins l'hommage de Gaston Phoébus et de quarante barons de la région.
En 1356, le Prince Noir défait l'armée française à Poitiers et capture le roi de France Jean II le Bon. Au même moment, l'effort de guerre et ses lourdes levées d'impôts entraînent des révoltes populaires (marchands parisiens menés par Etienne Marcel, jacqueries) qui finissent de déstabiliser le pouvoir politique représenté par le Dauphin qui assure la régence. Ce dernier reprend peu à peu le contrôle de la situation en réprimant durement les soulèvements.
L'apogée de la domination
anglaise
Il se réconcilie avec Charles II le Mauvais, roi de Navarre, allié des Anglais, et profite de l'enlisement de l'armée anglaise devant Reims et Paris pour engager des négociations de paix avec Edouard III qui se concluent en mai 1360 à Brétigny. Désastreux traité pour le royaume de France qui perd le quart du territoire de Philippe le Bel : le Ponthieu, Calais, l'Aquitaine et la Gascogne sont rétrocédés en toute souveraineté et le Prince Noir devient Prince d'Aquitaine. Il est accueillit en grande pompe par l'évêque d'Agen Raymond de Salg en 1364. L'Agenais est une nouvelle fois rétrocédé à l'Angleterre. La même année, Jean le Bon meurt à Londres et le Dauphin devient Charles V.
Mais la rigidité de l'administration anglo-saxonne va entraîner des mécontentements dont Edouard III ne tient pas compte et qui vont se transformer en soulèvement qui va profiter au roi de France. En 1369, la guerre reprend sur son ordre et à la demande du comte d'Armagnac et du seigneur d'Albret. Les troupes de Charles V, menées héroïquement par du Guesclin, redressent la situation et, en 1380, les Anglais n'occupent plus que Calais et les régions de Bordeaux et de Bayonne.
A la mort du roi de France, le pays va connaître une grave crise politique : la guerre civile entre les Armagnacs, fidèles à Charles VI qui sombre dans la folie, et les Bourguignons, alliés des Anglais, débute en 1407. Le roi Henri V d'Angleterre profite des divisions françaises pour reconquérir les territoires perdus et écrase la noblesse à Azincourt (1415).
Par le traité de Troyes (1420), Henri V épouse Catherine de Valois, fille de Charles VI, et son fils hérite de la couronne de
France.
La reconquête
C'est en 1429 que se situe l'épopée de Jeanne d'Arc qui va sonner le réveil patriotique et le début de la reconquête en décidant du sacre de Charles VII à Reims. Citons ici Pothon de Xaintrailles qui sera, avec La Hire, un célèbre compagnon d'armes de la Pucelle. Gouverneur d'Aquitaine à partir de 1453 et premier nommé Grand Ecuyer de France, ses terres se situaient à 25 km à l'ouest d'Agen.
La paix d'Arras (1435), entre le duc de Bourgogne et Charles VII, scelle la réconciliation nationale. L'impulsion est donnée : la Normandie tombe après la bataille de Formigny (1450), mais la Guyenne, pour des raisons économiques liées à l'exportation du vin, reste favorable à l'armée d'Henri VI d'Angleterre, commandée par Talbot. Mais celui-ci est finalement défait à Castillon en 1453 et Bordeaux capitule quelques mois plus tard. La Guyenne est alors définitivement rattachée au royaume de France.
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