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Agen - Office de Tourisme - Les Illustres Agenais - BLAISE DE MONLUC

BLAISE
DE MONLUC
Blaise de Lasseran Massencome de
Montesquiou, seigneur d'Estillac et de Monluc (ou Montluc) est né vers 1500 en Armagnac. Issu d'une famille de la moyenne noblesse d'épée qui possède le château de
Saint-Puy, il passe son enfance à courir les bois, loin du courant humaniste qui se développait. Presque illettré à l'âge de 15 ans, son père l'envoie donc à Nancy à la cour de Lorraine où il reçoit une solide formation au métier des armes en tant que page puis archer de la garde au service du Duc.
Fort de ces enseignements, il s'engage en 1521 comme volontaire dans l'armée du maréchal de Lautrec et remporte à Saint-Jean de Luz une bataille sur les Espagnols qui augure d'un génie militaire remarquable.
Toujours sous les ordres de Lautrec, il part chercher fortune et aventure dans le nord de l'Italie qui va être le théâtre des guerres entre la France et le Saint Empire romain germanique.
En 1522, il se distingue à La Bicoque où les Français furent battus par les Impériaux et perdirent ainsi le Milanais. Il participe à la défense de Marseille contre Charles V en 1524 et s'illustre également à la défaite de Pavie (1525) où il fut fait prisonnier avec François Ier par les Espagnols. Vite libéré, il se fait une nouvelle fois remarquer à Cérisoles en 1544, victoire française contre les Espagnols et les Impériaux.
L'apogée de sa carrière militaire, Monluc l'atteindra en 1555 alors qu'il est nommé par Henri II lieutenant général et chargé de la défense de Sienne, assiégée par le marquis de
Marignan. Malgré la perte de la ville, par sa maîtrise de la situation, il inspirera désormais respect et jalousie autant chez ses alliés que chez ses ennemis.
Auréolé de gloire et d'expérience, il revient sur ses terres alors qu'éclatent les guerres de Religion qui débutèrent dans la région par le massacre en 1561 du baron de Fumel par les protestants. En 1563, nommé par Charles IX gouverneur de Guyenne, chef des armées catholiques, il s'installe à Agen qui venait l'année précédente d'être mise à sac par les réformés. Dès lors, il va mettre ses capacités militaires et ses connaissances acquises en Italie (notamment l'art de la fortification et l'utilisation des premières armes à feu) au service d'une répression sanglante et systématique à l'encontre des huguenots, avec son lot d'expéditions punitives et d'épidémies. Il les pourchasse jusque dans leurs retranchements
(Penne
d'Agenais, Duras
) avec une terrible efficacité. A cette époque, les campagnes du
Sud-Ouest, de Navarrenx à Castres en passant par Mont-de-Marsan, vont être le théâtre de l'affrontement entre Monluc et le chef des armées protestantes, Montgomery. Ce dernier avait été nommé par la mère du futur Henri IV, Jeanne d'Albret, dont la cour de
Nérac, non loin d'Agen, protège et diffuse la pensée réformée.
Il va livrer sa dernière bataille à Rabastens, porte des terres de la famille d'Albret, alors que, monté à l'assaut d'une barricade, une arquebusade lui emporta la moitié du visage. Il a 70 ans !.
Marqué par ses nombreuses blessures, fatigué, critiqué, il va progressivement quitter les armes et se retirer sur ses terres de l'Agenais. En 1574, il est fait maréchal de France par Henri III à la suite du siège de La Rochelle.
Mais Monluc n'a pas fini de relever des défis. En effet, cet homme de guerre peu cultivé va curieusement se tourner vers les lettres et la rédaction de ses Mémoires, les célèbres " Commentaires ", publiés en 1592, utilisés plus tard par Marguerite Yourcenar et support à l'agrégation de lettres.
C'est dans son château d'Estillac qu'il va transcrire, de 1571 à 1577, le récit de sa longue vie militaire dans un style simple et naturel, éloigné de son illustre contemporain Montaigne, car particulièrement descriptif et truculent, parsemé de langue d'Oc. Cet ouvrage, qu'Henri IV appelait la " Bible du soldat ", reste l'un des rares témoignage précis, bien que parfois exagéré, sur le quotidien de cette période troublée.
Il mourut le 26 août 1577.
Malgré l'appréciation de Jasmin, qui le qualifiait de "Blazy lou Sanguinous", nous pouvons retrouver en Monluc l'esprit des cadets de Gascogne. Il alliait à un génie militaire, basé sur une capacité extraordinaire à évaluer une situation difficile et à mettre en uvre rapidement les solutions adaptées, un idéal chevaleresque (bravoure, honneur et vaillance) et un parler sans
ambages, qui le faisaient aimer des hommes placés sous son commandement.
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