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Agen - Office de Tourisme - Les Illustres Agenais - BERNARD PALISSY

BERNARD PALISSY
Céramiste et savant " natif du diocèse d'Agen en Aquitaine " en 1510, Palissy est mort à Paris en 1589 ou 1590.
Issu d'un milieu modeste, il reçoit les bases d'un enseignement littéraire et scientifique avant de parcourir le Sud Ouest de la France entre 1530 et 1540. Suivant le duc de Biron, il se marie et s'établit en Saintonge, région de tradition potière depuis le Moyen Age, de 1539 à 1567. Autodidacte, il exerce à Saintes la profession
d'arpenteur-géomètre, réalisant en 1543 des relevés topographiques dans les marais salants, puis de maître-verrier avec notamment deux vitraux du château d'Écouen datant de 1544.
Mais la période légendaire de sa vie se situe entre 1536 et 1556. Emerveillé à la vue d'une coupe émaillée, il entreprit de redécouvrir l'art de l'émail sur terre cuite connu depuis l'Antiquité ainsi que les secrets des émailleurs italiens et allemands.
Au début, Bernard Palissy ne connaît rien des émaux, il ignorait tout de la construction des fours, de l'alimentation des feux. Il commença à pulvériser de la pierre qu'il étendait sur des tessons et mit le tout dans un four chaud à plusieurs reprises, sans succès. Découragé, il reprit quelque temps plus tard ses expériences, se tournant alors vers les fours verriers qui dégageaient plus de chaleur et exigeait donc plus de combustible. Il fallait parfois entretenir le foyer des jours durant et c'est dans ces circonstances, à court de bois, qu'il aurait frénétiquement arraché le plancher de sa maison et détruit son mobilier, au grand dam de son épouse.
Son entêtement fut finalement récompensé. Palissy met au point une technique consistant à enduire la céramique d'un enduit vitrifiable plombifère et à appliquer sur le fondant encore humide diverses oxydes métalliques (blanc de plomb, bleu de cobalt
). A partir de 1550, il commence à vivre de ses productions, les " rustiques figulines " (du latin figulus : potier), grands plats ornés de décors naturalistes moulés inspirés de la faune et la flore saintongeaise (végétaux, fruits, grenouilles, lézards, serpents, anguilles, coquillages, fossiles
). En 1555, il offre quelques bassins de terre émaillée à Henri II qui apprécie l'originalité de l'uvre. En 1556, protégé par le Connétable de Montmorency, il débute la réalisation d'une grotte ornée pour le château
d'Ecouen. A la même époque, attentif aux idées nouvelles, il prend une part active à la fondation de
l'Eglise réformée de Saintes et les guerres de Religion viennent troubler son travail. Ses sympathies pour la cause protestante lui valent d'être condamé par le parlement de Bordeaux en 1558. Il est libéré en 1563 grâce à l'intervention du Connétable auprès de Catherine de Médicis. Mais l'atelier saintais de Palissy est détruit et il est probable que la grotte n'ait jamais été installée.
Mandé par la reine mère pour l'édification d'une grotte de rocailles dans le jardin des Tuileries, il installe son atelier à partir de 1567 dans la zone artisanale située à l'est du château (Cour Napoléon du Louvre) alors en construction. En 1985, des fouilles archéologiques ont d'ailleurs permis de mettre à jour des moules, des fours
liés à cet ouvrage rapidement délaissé puisqu'au tout début du XVIIème s. des observateurs constatent que la grotte émaillée est en ruine.
Le massacre de la Saint Barthélémy en 1572 oblige Bernard Palissy et sa famille à s'exiler à Sedan où il continua son activité pour une clientèle locale avec son fils Mathurin et ses gendres.
Il revient à Paris en 1575 et anime une série de conférences scientifiques basées sur la contestation du savoir des Anciens.
Inquiété de nouveau pour ses idées protestantes, la mort de ses protecteurs le ramènent en prison en 1586, malgré son grand âge. Repris par les ligueurs en 1588, le roi Henri III vint le visiter, mais n'osa pas lui rendre la liberté et le céramiste mourut de faim, probablement à la Bastille, en 1589 ou 1590.
Ses écrits furent censurés au XVIIème s. puis réhabilités au XVIIIème s. par les Lumières dont l'esprit naturaliste et le désir de compréhension du monde rejoignaient la démarche du céramiste.
C'est véritablement au XIXème siècle que naquit le mythe Palissy, à partir de ses créations que l'on retrouve dans la décoration architecturale (grottes, fontaines, poêles) et dans la vaisselle de luxe (plats, aiguières
). Ce travail artistique connut alors un prodigieux regain d'intérêt de la part des collectionneurs (Anthony de Rothschild, Andrew
Fountaine
), des historiens et des imitateurs qui fondent des écoles " à la manière de " à Tours (Charles
Avisseau), à Paris (Victor Barbizet), à Angoulème (Alfred Renoleau)
Aujourd'hui, Bernard Palissy demeure un célèbre représentant des scientifiques de la Renaissance dont le savoir, qui reposait non sur des textes mais sur l'observation et la manipulation d'objets, était large et diversifié. C'est dans cet esprit humaniste qui'il s'est également illustré dans les domaines de la physique, la chimie, la géologie et l'agronomie.
Même si les ouvrages de Bernard Palissy et les écrits traitant de sa vie sont nombreux, il reste néanmoins difficile de faire la part de la vérité historique et de la légende. A tel point que les spécialistes ne peuvent faire la distinction entre ses propres créations artistiques, non signées, et celles de ses élèves ou continuateurs.
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