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SAINTE FOY

Selon la légende, c'est vers 285 ou 302-303, sous le règne de Dioclétien, que l'on situe la vie et la passion de Ste Foy, célébrée le 6 octobre et qui fut une des saintes les plus vénérées du Moyen Age. Elle est représentée portant la palme des martyrs, mais aussi un gril et un glaive, instruments de son supplice. 

Née à Agen et issue d'une riche famille gallo-romaine, elle fut confiée à une nourrice chrétiennne qui la présenta à Caprais, évêque de la ville. Il la baptisa et lui donna le nom de Foy. 
C'est le temps où, pour renforcer l'unité d'un empire trop vaste, assailli par d'écrasants problèmes militaires et économiques, dont les barbares franchissent les frontières, les Empereurs romains appellent la religion au secours du régime. Les chrétiens représentant à leur yeux un foyer de troubles et de désordres par leur refus de reconnaître le caractère divin de leur pouvoir, les Empereurs déclenchèrent contre eux de terribles persécutions.

Dacien, le proconsul romain qui gouvernait l'Aquitaine, pourchassait alors les chrétiens qui avaient alors le choix entre la mise à mort ou l'abjuration de leur foi. Arrêtée alors qu'elle avait 12 à 15 ans, Foy opposa un refus sans faille et affronta la colère de Dacien. Pour l'exemple, il s'acharne sur elle, lui faisant subir plusieurs tortures : feu, huile bouillante, verges etc... Devant la foule indignée, elle fut attachée sur une grille de bronze sous laquelle fut allumé un feu de poix et de charbons ardents. C'est à ce moment qu'une colombe, après avoir déposé sur la tête de Foy la couronne de gloire, vint éteindre le brasier d'un battement d'ailes accompagné d'une rosée abondante. Voyant que la jeune fille n'avait finalement pas été atteinte ni par le feu ni par les coups des soldats, la foule émerveillée affirma publiquement sa foi en Jésus Christ. Blessé dans son orgueil, Dacien fit décapiter les rebelles ainsi que Foy. Les cadavres furent abandonnés sur place comme à l'accoutumée puis, la nuit tombée, ensevelis secrètement par les fidèles. 
Vers 530, l'évêque St Dulcide fit exhumer ses restes et les fit placer dans une église (dont les fondations furent découvertes en 1875) située hors les murs. Elle connut une grande renommée pour les miracles dont elle fut le théâtre : vue rendue à des aveugles, guérisons de toutes sortes… Rapidement, les pèlerins affluèrent, apportant richesses et développement au monastère.

Vers 860, les moines bénédictins de l'abbaye de Conques en Aveyron, dépourvus de reliques pour attirer les fidèles, envisagèrent de s'emparer des glorieux restes de Sainte Foy. Pour cela, ils dépêchèrent à Agen un de leurs frères, Arisnide, qui s'intégra incognito à la communauté chrétienne. Gagnant peu à peu la confiance des Agenais, il se vit bientôt confié la garde du trésor. Vers 866, à la faveur des fêtes de l'Epiphanie, laissé seul, il put tranquillement briser le tombeau de Ste Foy et empaqueter les précieuses reliques. La troupe en colère lancée à sa poursuite ne put le rattraper et, après un périple semé d'embûches, Arisnide atteignit Conques, acclamé par ses frères. On plaça l'objet du larcin dans l'église du monastère à l'occasion d'une grande fête le 14 février 874. Puis, vers 940, pour accueillir une foule de pèlerins toujours plus nombreux, Etienne, évêque de Clermont, fit édifier une imposante basilique. Mais lors de la cérémonie de translation, il fut impossible de déplacer les restes et, angoissés par cette manifestation négative du ciel, les moines firent exécuter un reliquaire étincelant d'or et de pierreries qui fut exposé aux regards et à la vénération des fidèles.
Les reliques de Ste Foy, si chères aux Agenais, sont aujourd'hui précieusement conservées à Conques dans une des plus belles églises romanes, édifiée entre 1030 et 1060. Depuis cette époque, Ste Foy ne quitta que deux fois son sanctuaire, la dernière datant de 2000 où elle fut exposée au Musée des Beaux-Arts d'Agen.
Quant à l'église Ste Foy qui se situe aujourd'hui en face de la gare SNCF, elle fut édifiée au XIIIème s. sur l'emplacement de l'édifice primitif de St Dulcide. Elle gouvernait un cimetière qui fut supprimé lors du percement du boulevard Carnot en 1892.
La "Chanson de Ste Foy", premier document en langue d'Oc existant jusqu'à ce jour, raconte sa passion et ses miracles. Le manuscrit se trouve à la Bibliothèque Universitaire de Strasbourg et est daté du VIIIème ou IXème s. : c'est le grand moment où l'on écrit les traditions orales. Alors on magnifie Ste Foy dont l'histoire fut transportée un peu partout avec les Clunisiens. Elle devint à partir du VIIIème s. le symbole de la reconquête chrétienne de l'Espagne sur les Maures et connut une renommée internationale. En effet, nous pouvons trouver ce vocable dans une centaine de sites en France, mais également en Europe, Amériques du Nord et du Sud sous le nom de Santa Fé.

 
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